A un poil près

Une première partie tirée par les cheveux

"Ma mère m'a dit: "Antoine, fais-toi couper les cheveux". Nous sommes en 1966, la querelle des anciens et des modernes porte sur la longueur des cheveux. L'esprit décoiffant de mai 68 soufflera bientôt et chacun y gagnera la liberté de faire (presque) tout ce qu'il veut avec ses cheveux.

Reste la question de la couleur. Si Les brunes comptent pas pour des prunes, il ne faudrait pas pour autant sous-estimer les blondes. En effet, de Grace Kelly à Rita Ora: les blondes iconiques sont nombreuses à renvoyer la lumière des projecteurs.
Et parce qu'aujourd'hui encore, être roux n'est pas si facile, un Festival international leur est consacré chaque année à Breda aux Pays-Bas. Gageons que l'on y guinche sur l'air de "Fais nous danser, Julie la rousse" !

C'est à l'adresse et à la patience des femmes nigérianes élaborant des coiffures tressées au raffinement subtil que le photographe Okhai Ojeikere avait choisi de rendre hommage. Parce que se coiffer, c'est parfois une façon de dire : "Je suis mes cheveux".

 

Une deuxième partie qui tombe pile poil

Il y en a une que l'on pensait rangée au rayon des accessoires et qui reprend du poil de la bête : la barbe. Elle se prête à tous les excès et à toutes les folies et nécessite soins et attentions. De quoi reprendre en choeur : "t'aimes ma casquette,mes deux rouflaquettes et mon bout d'mégot".

Le poil a certes gagné la bataille sous le nez de ces messieurs, mais il est moins bien accepté sur les jambes de ces dames. La lutte contre la repousse se fait dans la douleur et alimente un secteur économique florissant. Malgré tout, certaines assument leur pilosité, allant jusqu'à l'exposer devant l'objectif de Ben Hopper ou n'hésitant pas à exhiber fièrement leurs gambettes velues.

Après tout, si l'espèce humaine a perdu le bénéfice de la fourrure, doit-elle pour autant éradiquer le poil comme signe de son animalité ?

 

Un épilogue qui ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe

Samson perdit sa force en même temps que sa chevelure, mais c'était il y a fort longtemps... Aujourd'hui une association propose aux femmes ayant perdu leurs cheveux à la suite d'une chimio de leur tatouer une couronne de henné, pour ne pas oublier leur féminité et garder l'envie de se battre.