Autoportrait surexposé

 

Mon portrait, mon cv, mes activités, mes repas : on me voit partout sur le web. Mon identité numérique me définit désormais, et pas uniquement sur les réseaux sociaux. Ce que je suis est-il réductible à quelques données chiffrées ? Et qu’adviendra-t-il de moi quand je ne serai plus ?

 

Qui suis-je sur internet ?

Mon identité numérique se construit à partir des traces que je laisse, volontairement ou non, sur le net. Une recherche sur Google, un clic sur un site… suffisent à l’alimenter. Toutes ces données sont collectées et utilisées, parfois à mon insu : mon empreinte a une valeur marchande. A moi d’essayer de la maîtriser avant d'être victime d'abus (usurpation d'identité...) ou de me retrouver dans un musée. La mémoire du web est infaillible et il difficile d'y exercer son droit à l'oubli.

 

Etre ou ne pas être... sur les réseaux sociaux

Ce que je publie sur les réseaux contribue à mon identité numérique. Je prends des photos (selfies ou selfeets) qui me présentent sous mon meilleur profil, au mépris de tous les dangers. Pourquoi ne pas en profiter pour susciter des jalousies en m'inventant une vie de rêve ? Je peux même me créer une identité fictive, pseudonyme et avatar compris. Que cette vie sur les réseaux sociaux ressemble ou non à la mienne, ce qui est certain, c'est qu'elle me survivra.

 

Prendre la mesure de moi-même

Je soumets mon identité numérique à l'épreuve des chiffres du "quantified self". Ma balance connectée ne ment pas, mes nuits sous la couette se traduisent en graphiques et ma fourchette évalue ma gloutonnerie. Si je résiste au stress de cette avalanche de données, je peux espérer devenir le meilleur. J'exhiberai, au travail comme à la salle de sport, une version optimisée de moi-même. A moins que je ne devienne cyberchondriaque...

 
 
Un jour, lassée de cette surexposition, je choisirai la discrétion. A moi, enfin,  les joies de l'anonymat sur le net !