Scoop, toujours prêt

L'information a conquis de nouveaux territoires grâce au numérique. Si nos habitudes de lecture ont changé, les journalistes ont aussi dû adapter leurs méthodes de travail et trouver de nouvelles sources de revenus. Une mutation qui mérite bien une revue de presse... numérique.

Internet, le nouveau kiosque à journaux

Beaucoup de sites ne proposent guère plus que la version originelle papier (L'Histoire), radio (RTL) ou télé (BFM) enrichie toutefois de contenus multimédias. La presse régionale, en proie à d'importantes difficultés financières, ne peut guère faire mieux mais tient à cette présence en ligne (Ouest France et Maville, Presse OcéanL'écho de la Presqu'île ou 20minutes-Nantes).

A côté de ces déclinaisons de médias traditionnels, on trouve des sites nés pour et par internet : les "pure-players". Ils s'adressent le plus souvent à des publics ciblés : les jeunes femmes (MadmoiZelle), les adolescents (Melty), les messieurs (Gentside)... mais aussi les amateurs de montres luxueuses (The watch Observer).

Les rois du web sont sans conteste les sites d'infotenmaint qui revendiquent l'humour et l'amour du buzz (Minutebuzz, Démotivateur Topito) sans reculer devant un certain mauvais goût.

 

Demain, tous journalistes

La présence de journalistes professionnels dans les rédactions reste un gage de sérieux (Slate, Rue 89). Les équipes sont renforcées par des experts (Atlantico) ou militants (Basta !). Les dessinateurs et caricaturistes, désormais persona non grata dans de nombreux journaux, ont trouvé refuge sur internet (Urtikan, Bakchich). La position des photojournalistes est délicate et le métier ne s'épargnera pas une difficile transition.

Le web permet aussi à chacun d'entre nous de devenir contributeur. Nos avis et commentaires, mais aussi nos témoignages, photos ou vidéos peuvent intéresser un journal régional (Le Journal Catalan), citoyen (AgoraVox), culturel (Fragil) ou humoristique (Goldenmoustache).

Et déjà, grâce à la  puissance des algorithmes, un journaliste d'un genre nouveau fait son apparition, plus proche du robot que du baroudeur : l'"algorédacteur".

 

Le juste prix de l'info

Pour assurer l'indépendance de leur rédaction, quelques sites (@rrêtsurimages, Le Quatre heures) demandent à leurs lecteurs de s'acquitter d'un abonnement. Un accès gratuit en totalité (Huffington Post) ou en partie (L'Obs, ) est  le plus souvent synonyme de publicité omniprésente, voire envahissante. Quand l'internaute riposte à coup de bloqueur de publicité, la contre-attaque des annonceurs s'appelle "native advertisement".
De vrais articles sans morceaux de pub à l'intérieur ? Il n'y a pas de recette miracle, cela se paie (Presse Citron, Gamekult).

La presse en ligne innove et teste de nouveaux modèles économiques. Ainsi, le "crowfunding", ou financement participatif, permet à des sites de se lancer (Le Journal minimal, Les jours) ou de sortir d'une situation difficile (Marsactu, Rue 89-Strasbourg).

Ces initiatives ne doivent faire oublier ni les aides de l'état ni la présence des géants du web (Google , Facebook et bientôt Apple) partis à la conquête de ces marchés. 

 

L'heure de la retraite pour les médias traditionnels ?

La presse papier souffre mais ne se rend pas, continuant à créer de nouveaux titres (Flow, Society, le 1...). La radio nous fait toujours chanter sous la douche. Mais celle que l'on pensait indélogeable de nos salons, la télé, a du souci à se faire...

 

Dossier mis à jour en juillet 2015